| Observatoire
du Cinéma potentiel L'Oucipo et les autres formes cinématographiques à contraintes artistiques volontaires |
Préambule :
En 1960, Raymond Queneau et François Le Lionnais fondent l'Ouvroir de littérature potentielle, ou Oulipo, un groupe de travail d'écrivains et de mathématiciens qui définiront la « littérature à contrainte » ou « littérature potentielle ». Leur objectif est de remettre à jour une écriture en se donnant volontairement des contraintes de structure, de forme, comme par exemple en limitant les lettres utilisables dans un texte. Les travaux de l'Oulipo ont été grandement popularisés par Georges Perec, dont le roman La Disparition est écrit sans utiliser une seule fois la lettre e.
L'idée sous-entendue par ce principe, c'est qu'en s'imposant ces contraintes, l'écrivain est obligé de faire travailler son imagination, de passer par des chemins assez peu explorés, et ainsi éviter le cliché, la redondance, la facilité, pour découvrir de nouvelles « potentialités » de littérature.
Au-delà des grands discours théoriques, l'Oulipo met l'accent sur les aspects ludiques et « bricoleurs » de la littérature ; ce jeu vise aussi à désacraliser le mythe de l'écrivain frappé quasi-divinement par l'inspiration, et nous rappelle la part besogneuse de la création artistique.
L'Oulipo, encore aujourd'hui très actif, a donné naissance à plein de petits ouvroirs rejetons dans d'autres domaines artistiques, qui ont tenté avec plus ou moins de succès d'appliquer les mêmes problématiques et principes à leur art. Parmi eux, l'Oucipo, ou Ouvroir de CInéma POtentiel (voir ci-dessous).
© 2010 - tenir ce cri.net - Olivier Kluyskens